• REPOTER DE RUE

     REPOTER DE RUE

    L'association CASA, ses membres et ses salariés, ont la profonde tristesse de vous faire part du décès de Sergio-Mario STERN-RIGAMONTI.


         Sergio est resté à mes yeux un Reporter de guerre. Reporter d’une guerre économique dont certains politiques se contentent d’être les purs et simples porte-voix avec ce message «il n'y en aura pas pour tout le monde ! du travail, du logement,.. de la place dans le pays, alors battez-vous, non contre nous (les politiques) mais entre vous». Ainsi, à la «sélection naturelle» s’est substituée une «Sélection culturelle» dont nous sommes chacun susceptibles d'en devenir les miliciens lorsque notre société ou de ses citoyens ou institutions, s’acharnent à terrasser celui en situation de vulnérabilité. Guerre économique donc, qui génère de multiples guerres civiles, entre ceux qui seraient -les «losers» et les autres -les «battants» cela au mépris de notre vulnérabilité -lot commun à toute personne. Guerre dont les charniers sont à même les rues. Charniers constitués de personnes encore bien vivantes, de visages «même pas morts !» tous résistants ! Sergio n’était pas un «néo résistant» de ces crimes de l’Histoire passée dont il est confortable de parler puisqu’il est trop tard pour aller au front. Il était un résistant de crime(s) ayant lieu sous nos yeux aujourd’hui et contre lesquels il est possible à chacun de s’engager par l’action menée en collectif afin de prendre position dès à présent. J’ai toujours été très attentif à ceux qui savent avec Art remettre en question mes représentations. Sergio était un photographe dont le regard n’était en rien un «arrêt sur image» fait de profils de femmes et d’hommes qu’il s’agirait de ficher dans les archives des oubliettes où gisent ceux qui sont «pertes» pour de plus en plus gros profits.

         J’avais à Sergio, en échange de ce qu’il m’avait donné de lui, confié quel est le crédo qui m’anime et il m’avait semblé que celui-ci lui plaisait : «Une société ou civilisation digne de ce nom doit apprendre à se construire et à vivre sans qu’il n’ait plus personne à sacrifier». Ce qui peut sembler utopique, pourtant n’est-ce pas la moindre des politesses que l’Humanité se doit à elle-même ? Nous nous étions rencontrés à C.A.S.A, là où en Association sommes conscients qu’il ne s’agit pas avant tout de promouvoir, des idées, des opinions, des concepts,…mais des Personnes. Merci à l’Association C.A.S.A qui a permis cette rencontre de Sergio.

       De tout cœur avec chacun de ces visages nomades qui récemment nous ont quittés.

             

                           MADINX (Christophe PLOUVIN)